Partage personnel de ma gestion de la douleur:

Un jour j’ai eu mal, puis la douleur est passée. Un autre jour j’ai eu mal encore une fois, puis la douleurs passée est revenue. Puis encore un autre jour, cette douleur passée du passé revenue ne tient plus à rester au passé mais bien au présent.

 

Mais qu’est-ce que je peux bien faire avec ça ? Comment gérer ces apparitions inopinées ? Entre les douleurs physiques pures et dures parce que mon petit orteil a trouvé un contact alchimique avec le coin de ma table basse, les douleurs psycho-émotionnelles parce que je suis partie un peu trop loin de mon être profond et les douleurs énergétiques parce que je ne suis pas bien ancrée ou protégée face à certains lieux ou certaines personnes. Je commence à me noyer !

 

Ma douleur, c’est quoi ? Que me veut-elle ? A chaque fois que j’ai mal, ce sont les deux questions que je me pose aujourd’hui. Ah il est loin le temps où je subissais mon corps, maintenant, j’en suis responsable. Ma douleur, c’est la mienne, personne ne peut la ressentir, elle est unique en son genre. Elle apporte son lot de nuances, d’intensités différentes, de sensations différentes. Si complexe et parfois si simple comme réaction.

nature montagne alpes lac du chésery

Lorsque je me cogne, que je me fais mal physiquement, je sais que c’est un message de mon corps pour me dire qu’il a besoin que je fasse attention à lui, que je prenne soin de lui, et surtout que je retourne à l’intérieur de lui !

Mais quand j’ai mal à l’âme et au cœur c’est différent. Quand une émotion monte et que je résiste, cette contraction intérieur qui me fait venir aux larmes facilement est juste un appel (ou un rappel) de ne pas trop m’éloigner de mon Être profond. De revenir dans mon coeur et dans mes tripes, en contact avec mon âme, mon essence, ma nature profonde, mon Moi, ce « JE SUIS ».

 

A travers toutes ces différentes expériences de la douleur, j’ai observé en moi différents moyens qui m’ont aidé à « lui donner l’autorisation d’exister dans une moindre mesure ». Je m’en vais vous les conter.

le corps est le plus merveilleux moyens de ressentir des sensations

– La non visualisation : concrètement, c’est regarder le noir de mes paupières et fixer mon attention là-dessus. C’est une forme de focalisation en ne se focalisant sur « rien ». C’est ma façon de discipliner mon mental non pas en cherchant à l’arrêter (ce qui est impossible et contre-productif) mais en utilisant sa puissance et sa capacité de concentration pour l’apaiser.

 

– La respiration et l’intention : intarissable moyen de gérer ma douleur! Je peux respirer dans ma douleur, ou à un autre endroit, je peux y mettre toutes les nuances que je souhaite, c’est littéralement du freeride respiratoire ! Mon truc c’est d’utiliser tout mon espace abdominale.

 

L’accueil… Le plus difficile mais ô combien salvateur ! Accueillir le fait de ressentir des émotions comme la colère contre mon corps ou la peur envers la douleur. Accueillir le fait que je n’arrive pas à accueillir parce « M…de ! Ça fait mal ! ». Accueillir les sensations de brûlures, de spasmes, d’aiguilles qui me transpercent.

Mais la plus merveilleuse des techniques de gestion de ma douleur reste le fait d’écouter mon corps quand il a mal. De renouer avec lui en lui demandant pardon pour toutes les différentes formes de  « maltraitances » que j’ai pu avoir avec lui (des mots, de la mauvaise alimentation, des gestes etc.…). En lui disant merci parce que grâce à lui, à toutes ces manifestations douloureuses, je me sens enfin en lien avec lui, je le sens mieux, je le comprends mieux et chaque jour il me fascine et me fait apprendre de lui.

Mon corps, d’une telle intelligence que même la science ne comprend pas tout, et que, même en vivant à l’intérieur on ne saura jamais vraiment comment il fonctionne.

 

La douleur est un puissant cadeau que le corps nous offre à chaque fois pour ne pas nous perdre en-dehors de nous, et pour toujours nous garder à l’intérieur en sécurité.